Riquewihr, berceau du Crémant d’Alsace! (1/3)

Les fêtes de fin d’année approchent, synonymes de rencontres et de bons moments passés en famille ou entre amis. Un bon verre de vin contribue à l’atmosphère conviviale de ces belles occasions. Le vin effervescent est le vin de fête par excellence. Le pétillant crémant d’Alsace a le vent en poupe et fête cette année les 40 ans de l’appellation. Le village de Riquewihr, par l’intermédiaire du domaine Dopff Au Moulin est, depuis plus de 100 ans, le berceau du vin pétillant en Alsace !
Je vous invite à m’accompagner à la recherche de cette gourmandise alsacienne…

Le Crémant d'Alsace, vin de fête par excellence, atteint en 2016 une belle matûrité et fête ses 40 ans d'appellation.

Le Crémant d’Alsace, vin de fête par excellence, atteint en 2016 une belle matûrité et fête ses 40 ans d’appellation.

Un 40e anniversaire qui couronne une tradition beaucoup plus ancienne…

1976
Année de naissance de l’appellation Crémant d’Alsace. A l’époque, il y a 40 ans, jeune étudiant en journalisme à Strasbourg, je lançais de temps en temps une expédition dans le « lointain » vignoble du côté de Riquewihr et d’Eguisheim. Autant pour la beauté des villages et des paysages que pour le vin d’ailleurs… J’ai souvenir d’un vin à bulles qui tentait de se faire une place au soleil (et dans nos fêtes d’étudiants) comme une alternative bon marché à un champagne qui était un luxe hors de portée de nos bourses.

Gâteau d'anniversaire pour les 40 ans de l'appellation Crémant d'Alsace

Gâteau d’anniversaire pour les 40 ans de l’appellation Crémant d’Alsace : 40 bouteilles de la cuvée Julien Dopff symbolisant les 40 bougies…

2016
40 ans déjà. Le temps a filé, les vins ont changé, ceux qui les boivent et ceux qui les produisent aussi. Mais la nécessité de faire la fête est restée. La fête rythme notre vie à tous comme autant de bulles d’optimisme dans notre quotidien. La famille, les amours, les copains, les retrouvailles, les pots au boulot… Autant de bons moments qu’il convient de célébrer en levant une flute remplie de bulles joyeuses ! Un vin qui pétille ! C’est indispensable ! Mais par quel enchantement ces bulles nous rendent-elles d’humeur si joyeuse ? Tout simplement parce que l’effervescence  rend l’alcool plus rapidement assimilable dans le sang.

Crémant d'Alsace, vin de fête : c'est l'effervescence qui crée la joie !

Crémant d’Alsace, vin de fête : c’est l’effervescence qui crée la joie !

La vérité m’a été révélée il y a longtemps, un jour que j’attendais une place à table au restaurant. Dans la salle de séminaire voisine, le conférencier d’un labo pharmaceutique expliquait que si on voulait lutter rapidement contre son mal de tête, il fallait prendre une aspirine « effervescente ». L’effervescence, disait-il, rendait la paroi de l’estomac plus perméable aux principes actifs du médicament… Le médicament pour une fête réussie est donc un vin effervescent. Un délicieux crémant d’Alsace par exemple !

Pèlerinage aux sources d’un vin qui pétille !

Dopff Au Moulin propose une gamme étendue de crémants d'Alsace

Le domaine Dopff Au Moulin à Riquewihr perpétue une longue tradition de vins effervescents et propose une gamme étendue de crémants d’Alsace

L’histoire du Crémant d’Alsace ne commence pas par une apparition spontanée à l’été 1976. La naissance de l’appellation Crémant d’Alsace a été l’aboutissement d’une longue histoire faite d’efforts et d’opiniâtreté. En fait, le Crémant d’Alsace puise ses racines dans la tradition champenoise…

Souvent, les grandes découvertes se font par hasard. Les bulles n’ont pas toujours été très appréciées en Champagne ! Savez-vous que jusqu’au 16e siècle les vins de Champagne étaient exclusivement rouges ? Et puis, la mode a changé. Leurs riches clients ont demandé aux vignerons de produire de plus en plus de vins clairs, beaucoup plus difficiles à maîtriser. A l’époque, les grands mécanismes qui transforment le jus de raisin en vin sont encore mal connus. Les vignerons champenois mettent en bouteille au printemps des vins dont la fermentation a été interrompue par le froid de l’hiver. A la faveur d’hivers de plus en plus froids (le 17e siècle connaît un mini âge glaciaire en Europe), la fermentation repart en bouteille au printemps, et rend le vin pétillant. Quelle catastrophe ! Ce défaut est si grand qu’on appelle ce vin le « vin du diable ». Comme le verre français de l’époque n’est pas de très bonne qualité, certaines bouteilles explosent !
Ces maudites bulles indésirables font alors le désespoir des vignerons champenois !
Mais les Anglais qui sont de grands acheteurs de leurs vins y prennent goût. Voici donc un défaut rapidement transformé en qualité par des Anglais qui vont s’intéresser de très près à ces étranges bulles dans le vin. Toujours à l’affût de la bonne affaire, ils vont acheter le vin de Champagne en fût et le mettre en bouteille en Angleterre (leurs bouteilles sont plus solides que celles produites en France) en y ajoutant un peu de sucre de canne (une nouveauté venue de leurs colonies) pour favoriser la prise de mousse. Osons le raccourci : les créateurs du Champagne sont… les Anglais !

Yves Beck déguste des crémants d'Alsace

Yves Beck (à gauche), célèbre dégustateur et journaliste suisse, s’intéresse aux crémants d’Alsace qui lui sont présentés par Bernd Koppenhoefer du domaine Jean-Paul Schmitt lors de la fête du vin et de la gastronomie de Ribeauvillé.

Au XVIIIe siècle, des investisseurs allemands issus de grandes familles bourgeoises et séduits par ce vin pétillant envahissent le vignoble de Champagne… Mais oui ! Ces grands champagnes Deutz, Krug, Heidsieck, Moët, Mumm et autres Roederer ont bien été créés par des Allemands !

Au début des années 1800, l’intérêt pour le vin effervescent explose partout en Europe. Les faiseurs expérimentent toutes sortes de techniques.
Mais en Champagne, on a largement adopté la méthode qui permet de produire les vins effervescents en 2 phases, celle de la découverte initiale : une vinification normale de vin tranquille suivie d’une mise en bouteille et d’une prise de mousse dans cette même bouteille. Cela permettait aux maisons champenoises d’acheter des vins hors de la Champagne pour les champagniser ensuite.

Je savais que les vins des côtes de Moselle, autour de Metz, étaient intégrés au Champagne avant 1870. Qu’en était-il des vins d’Alsace ?
En 1890, Charles Hommell, viticulteur et maire de Ribeauvillé, évoquait ce qui se passait en Alsace avant 1870, date de l’annexion de l’Alsace-Moselle par l’Allemagne. « Le principal débouché pour nos vins, outre l’Alsace, était de tout temps la Suisse allemande. La France se fournissait toujours fort peu dans notre pays (comprendre « en Alsace »). Ce n’était guère que la Champagne qui achetait, avant l’annexion, d’assez grandes quantités de vins à Barr pour le champagniser. »

Vendanges à Riquewihr dans les années 1900

Vendanges à Riquewihr dans les années 1900

L’Alsace étant passée à l’Allemagne en 1870, les débouchés vers la Champagne étaient devenus compliqués. Puisque les Allemands étaient friands de vins effervescents, pourquoi ne pas produire ces vins directement en Alsace ? Charles Hommell de Ribeauvillé a, lui aussi, saisi l’opportunité.

En 1897, les pharmaciens allemands ont tenu congrès à Strasbourg. Dans leur compte-rendu (en allemand), j’ai relevé et traduit une phrase fort intéressante.
« La maison Hommell à Rappoltsweiler (Ribeauvillé ndlr) élabore avec succès depuis de longues années avec les excellents produits locaux (raisins) des vins mousseux réussis de différentes qualités et à des prix différents. La qualité produite à partir du (lieu-dit) Zahnacker est réputée excellente (« brillant » dans le texte original) »
Et voilà, on sait à présent que la production de vins pétillants en Alsace n’a pas 40 ans d’existence mais au moins… 140 !

Vendanges à Riquewihr dans les années 1900

Vendanges à Riquewihr dans les années 1900

Du champagne à Riquewihr !

C’est alors qu’un jeune homme de Riquewihr, Julien Dopff, à l’âge de 18 ans à peine, visite en l’an 1900 l’Exposition Universelle de Paris avec son père. Jeune héritier d’un domaine familial qui remonte à 1574, il est fasciné par une démonstration de la nouvelle technique de dégorgement faite par des vignerons champenois.

Il faut savoir que jusqu’à la fin du 19e siècle, les bouteilles de vins mousseux produits selon la méthode traditionnelle champenoise contenaient le dépôt des résidus de levures liés à la prise de mousse. Si bien qu’il fallait carafer le vin avant de le servir pour le débarrasser du dépôt.
Julien Dopff parvient à convaincre son père et va passer 2 ans en Champagne pour se familiariser avec la production de Champagne. De retour à Riquewihr, il va élaborer et commercialiser un « Champagne Dopff » fait en Alsace. Les moûts étaient achetés en Champagne et « importés » en Alsace (alors en Allemagne) pour y être vinifiés. La vinification, la mise en bouteille et la prise de mousse était effectuée à Riquewihr. Un bureau à Epernay servaient de tremplin pour le marché français et les pays hors Allemagne.

Champagne Dopff et Sekt (dénomination allemande pour un vin effervescent de qualité produit selon la méthode champenoise).

Champagne Dopff et Sekt (dénomination allemande pour un vin effervescent de qualité produit selon la méthode champenoise) avant la guerre de 1914-18. Après la guerre, l’Alsace étant de retour à la France, Julien Dopff ne pourra plus champagniser des vins de Champagne à Riquewihr, ni revendiquer l’appellation SEKT. Voir le flacon à droite (1934) destiné à l’exportation.

Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, l’Alsace retourne à la France. Entre temps, de 1914 à 1918, la guerre avait achevé de détruire 90% du vignoble alsacien.
Mais la réunification ne profitera pas au vignoble d’Alsace, trop petit et en concurrence avec les autres vignobles français qui ne voient pas ce nouvel arrivant d’un bon œil…
Julien Dopff devra renoncer à son « Champagne », l’usage de l’appellation champenoise étant, en France, réservé aux vins élaborés sur place, en Champagne.

Julien Dopff accueille des sommeliers parisiens à Riquewihr.

Sur cette image de 1932, Julien Dopff (premier plan à gauche) accueille des sommeliers parisiens à Riquewihr.

Le domaine viticole Hommell de Ribeauvillé a disparu. Par contre, fort de son expérience, le domaine Dopff a continué à produire des vins effervescents de qualité selon la même méthode champenoise. Sur le marché allemand existait (existe toujours d’ailleurs) deux désignations qualitatives pour les vins effervescents : le tout-venant est appelé « Schaumwein » (vin mousseux) alors que les vins de qualité sont appelés « Sekt ».
Mais, pour le domaine Dopff, revenu en territoire français, seule la désignation générique de « vin mousseux » était autorisée.

115 ans de vins effervescents du domaine Dopff Au Moulin à Riquewihr…

115 ans de vins effervescents du domaine Dopff Au Moulin à Riquewihr…
A gauche, les vins créés par Julien Dopff avant la guerre de 1914-18. A droite, la cuvée Julien Dopff produite actuellement au domaine.

Dans le flot immense des vins mousseux produits toujours en plus grand nombre partout en Europe, le consommateur avait tendance à mettre tous ces vins dans le même sac, celui de la médiocrité générale des vins mousseux.
Tout en haut de l’échelle qualitative se situait le Champagne. En dessous de lui, il était difficile de différencier les vins effervescents produits à partir de raisins de qualité et élaborés par la méthode champenoise (comme le faisait Dopff à Riquewihr) de ceux issus de vins venus d’un peu partout et traités par la méthode de la cuve close : on met tout le vin dans une grosse cuve où il devient effervescent en 10 jours à peine. Puis le vin devenu mousseux est mis en bouteille. 
Vins d’origine de peu de qualité + méthode de production pas chère = vins mousseux pas terribles mais peu coûteux tout en étant rentables pour ceux qui les produisent.

Un parcours du combattant pour les pionniers de l’appellation Crémant d’Alsace

115 ans de vins effervescents du domaine Dopff Au Moulin à Riquewihr…

115 ans de vins effervescents du domaine Dopff Au Moulin à Riquewihr…
La flûte en V a été créée par Pierre-Etienne Dopff en cristal de Bohème pour célébrer la naissance du crémant d’Alsace, en 1976 (voir à gauche, la première bouteille commercialisée en 1976 et contenant le vin produit à partir du millésime 1974).

Pierre Dopff, le fils de Julien, puis Pierre-Etienne, fils de Pierre, produisaient donc du vin mousseux depuis le début du XXe siècle. Dans les années 1970, trois autres maisons se sont elles-aussi essayées à la production de vin mousseux. A Eguisheim, la cave coopérative (qui allait devenir Wolfberger) s’intéressait de près aux vins effervescents. En secret, avec l’aide de la cave coopérative de Saint-Pourçain-sur-Sioule dans l’Allier, elle avait entrepris de champagniser du vin d’Alsace.
En Alsace, au début des années 1970, quatre maisons seulement produisaient un total de 500 000 bouteilles de vin mousseux.
Certes, l’appellation d’origine « vins d’Alsace » avait obtenu son AOC en 1962 mais malheureusement, le décret avait « oublié » de mentionner les vins effervescents ! Si bien que les vins d’Alsace une fois champagnisés perdaient leur appellation Vin d’Alsace. Impossible sur l’étiquette de les distinguer de la cavalerie des mousseux de bas étage ! Quel gâchis !

Mousseux Dopff Au Moulin entre 1930 et 1950

Mousseux Dopff Au Moulin entre 1930 et 1950. A cette période-là, à défaut d’appellation, il était difficile d’indiquer au consommateur que le vin contenu dans le flacon était un vin de qualité.

Comme la production s’accélérait rapidement. Il devenait urgent d’obtenir l’appellation. En 1974, les 4 domaines pionniers du mousseux d’Alsace (Wofberger, Westhalten, Dopff Au Moulin et Sparr; deux caves coopératives et deux négociants) s’unirent pour monter au créneau, bousculer la bureaucratie nationale et obtenir que le vin effervescent produit en Alsace pourrait conserver l’appelation Vin d’Alsace. Mais le problème de la dénomination « mousseux » restait entier.

Ailleurs en France, dans le Val de Loire, la région de Die, en Bourgogne, on produisait déjà un vin mousseux de qualité et on se heurtait au même problème d’image de marque par rapport aux mousseux bas de gamme. Ces régions ont alors rejoint l’Alsace pour fonder le Syndicat Général des Vins Mousseux de France.
Après avoir obtenu l’agrément pour des vins d’appellation contrôlée produits selon la méthode champenoise il fallait trouver un nom pour ce vin mousseux de qualité…
Car pour intéresser producteurs et consommateurs à ce nouveau vin il fallait un nom spécifique, synonyme de qualité.

Crémant d'Alsace cuvée Julien 1976

Enfin, l’appellation Crémant d’Alsace est reconnue en 1976 ! Les vins effervescents du millésime 1974 qui sont prêts à boire à l’automne 1976 sont les premiers à arborer la mention tant attendue !

Quelqu’un a alors proposé le terme de « crémant », un terme champenois qui était tombé en désuétude mais qui désignait autrefois un champagne de mousse légère, donc un vin de grande qualité. Discussions parmi les membres du nouveau syndicat… Discussions avec les Champenois qui acceptèrent de d’autoriser l’usage du terme « crémant ».

La réussite de l’opération passait par une qualité incontestable qui permette aux producteurs de vivre de ce vin sans être tentés de basculer vers des vins de moindre qualité mais plus rentables. Il fallait une loi pour entériner et sécuriser définitivement la démarche. Ce qui fut fait en mai 1975. Après quelques péripéties, le décret d’application tant attendu fut enfin signé le 24 août 1976 par Jacques Chirac, Premier Ministre…

Et enfin, le succès !

Les conscrits célèbrent les 40 ans du crémant d'Alsace à la fête du vin d'Eguisheim à l'été 2016

Les conscrits célèbrent les 40 ans du crémant d’Alsace à la fête du vin d’Eguisheim à l’été 2016 – photo jp krebs

Pour les 4 pionniers du Crémant d’Alsace, deux coopératives et deux négociants, un nouvel avenir mais aussi de nouveaux défis se présentaient : développer le produit en respectant des règles strictes de qualité mais aussi développer le nombre de producteurs… Les convertis de la première heure ont été peu nombreux au début. Puis, d’année en année, le mouvement s’est amplifié. De plus en plus rapidement.
Aujourd’hui, 40 ans après la naissance de l’appellation, le syndicat des producteurs de Crémant d’Alsace compte plus de 500 membres, même si certains n’assurent pas eux-mêmes la prise de mousse.

Cuvée Hommage du domaine Dopff Au Moulin à Riquewihr pour les 40 ans de l'appellation Crémant d'Alsace.

Cuvée Hommage du domaine Dopff Au Moulin à Riquewihr pour les 40 ans de l’appellation Crémant d’Alsace.

Les chiffres sont là, irréfutables : d’année en année, le Crémant d’Alsace remporte un succès toujours plus considérable. En Alsace mais aussi dans les autres régions françaises et européennes. Si bien que le Crémant d’Alsace est devenu aujourd’hui le premier vin effervescent à AOC consommé à domicile en France, après le Champagne. Plus d’une bouteille de vin sur 4 produite en Alsace est un crémant. Quelle est donc la clé du succès de ce vin qui monte, qui monte… comme ses bulles ? 
Vous le saurez dans mon prochain article qui vous révélera ce qui est dans la bouteille !

Les sources de l’article

  • « L’histoire du Crémant d’Alsace », Nicole Laugel, Editeur Jérôme Do Bentzinger, 2008
  • « Festgabe der Theilnehmern an der 26. Jahresversammlung des Deutschen Apothekervereins in Strassburg am 23.-27. Aug. 1897 » – Library of California
  • « Vignerons de Ribeauvillé, ouvriers propriétaires et tâcherons, dans le système des engagements momentanés et du travail sans engagements, d’après les renseignements recueillis sur les lieux en septembre 1888 par M. Charles Hommell » – Library of California
  • « Christie’s World Encyclopedia of Champagne sparkling wine », Tom Stevenson, Absolute Press 1998
  • Archives du domaine Dopff au Moulin à Riquewihr.
  • « Deutsche Sektreklame von 1879-1918 » — 
Ihre Entwicklung unter wirtschaftlichen, gesellschaftlichen und künstlerischen Aspekten – INAUGURAL-DISSERTATION zur Erlangung des Grades eines Doktors der Philosophie in der Abteilung für Geschichtswissenschaft der Ruhr-Universität Bochum vorgelegt von Barbara Kaufhold
Etienne-Arnaud Dopff présente la gamme de crémants d'Alsace du domaine.

Etienne-Arnaud Dopff (au centre), directeur général du domaine Dopff Au Moulin à Riquewihr présente à mon ami blogueur et dégustateur Cyril Roux la gamme de crémants d’Alsace du domaine, en compagnie de Philippe Durst (à droite), directeur export.

Votre hébergement à Riquewihr, au cœur du vignoble

Nos plus beaux appartements de vacances à Riquewihr sont aménagés dans les bâtiments historiques d’un ancien domaine viticole de 1580, face au vignoble grand cru du Schoenenbourg.
Les Remparts de Riquewihr
9 rue des Cordiers, 68340 Riquewihr – www.remparts-de-riquewihr.com

Le Petit Loup, appartement luxe pour 2 pers dans les remparts de Riquewihr.

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A la découverte des 3 grands crus de Ribeauvillé

Dans le cadre du salon professionnel Millésimes 2016, les vignerons de Ribeauvillé ont présenté leurs grands crus hier matin. Le ciel nous est tombé sur la tête : alors que nous sommes dans la région la plus sèche de France avec Perpignan, il est tombé tellement d’eau que les cigognes ont rétréci dans leurs nids ! Mais la pluie n’a réussi ni à entamer la bonne humeur générale, ni à mettre de l’eau dans les vins du Kirchberg de Ribeauvillé, du Geisberg et de l’Osterberg !
Des vins superbes à découvrir absolument !

Ribeauvillé et le château Saint-Ulrich

Ribeauvillé et le château Saint-Ulrich vus depuis la tour des Bouchers au centre-ville.

Je passe à Ribeauvillé presque tous les jours. Et souvent je grimpe dans le vignoble qui surplombe la ville. Mais je dois avouer que je ne connais pas bien les vins qu’on y fait. Alors j’ai saisi la belle occasion offerte par le salon Millésimes 2016. Mais ne faites pas comme moi. N’attendez pas qu’un événement exceptionnel vous en fournisse le prétexte. Les vignerons de Ribeauvillé vous accueillent à bras ouverts (et cave ouverte 🙂 toute l’année. Ils créent des vins superbes à découvrir absolument !

Ribeauvillé, cité médiévale des ménétriers…

Ribeauvillé, 14 juin, Jour II du salon Millésimes 2016.
Aujourd’hui, les participants au salon sont invités à découvrir plusieurs grands crus disséminés dans le vignoble alsacien. Je me suis donc inscrit à Ribeauvillé pour me familiariser avec les trésors locaux, les grands crus Kirchberg de Ribeauvillé, Osterberg et Geisberg…
Autrefois, Ribeauvillé était le fief des puissants seigneurs de Ribeaupierre qui avaient aussi la haute main sur de nombreux vignobles. Leurs châteaux-forts surplombent toujours la cité. Le Syndicat Viticole de Ribeauvillé a affrété un (petit) train spécial qui emmène la trentaine de participants, dont une majorité de sommeliers, journalistes et cavistes belges connaissant bien l’Alsace et ses vins, vers le cœur médiéval de la ville. Une première étape est prévue tout en haut de la célèbre tour des Bouchers (attention, elle n’est pas ouverte au public le reste de l’année) qui permet, depuis le XIIIe siècle de surplomber toute la ville et de faire face aux coteaux couverts de vignes.

Ribeauvillé et les grands crus Kirchberg et Geisberg

Ribeauvillé et les grands crus Kirchberg et Geisberg vus de la plate-forme de la tour des Bouchers.

Francis Fischer, le président du syndicat viticole, a prévu d’y faire une présentation très visuelle des 3 grands crus. La plate-forme est un observatoire privilégié mais la protection des 3 châteaux-forts qui dominent la ville ne suffit pas à dissuader le ciel de nous tomber sur la tête ! Qu’à cela ne tienne : il en faut plus pour décourager tous ces passionnés. On ouvre les parapluies, on enfile les K-Ways. On passe les verres et les bretzels. Etienne Sipp sort deux beaux magnums de sa besace. La journée est lancée !

Du haut de ces coteaux, 3 grands crus vous contemplent…

Le grand cru Kirchberg de Ribeauvillé est orienté sud. Face aux 3 églises qui lui ont valu son nom cité dès 1328, la forte pente et son sol argilo-calcaire peu profond n’autorise que des rendements peu élevés. Aromatiques mais équilibrés avec une belle salinité et une trame acide ferme, les vins du Kirchberg ont un extraordinaire potentiel de garde (20-30 ans).

Ribeauvillé et les grands crus Kirchberg et Geisberg

Ribeauvillé et les grands crus Kirchberg et Geisberg vus de la plate-forme de la tour des Bouchers.

Le Geisberg (littéralement « colline de la chèvre » cité dès 1308) est encore plus escarpé. Voisin du Kirchberg, le vignoble est cultivé en petites terrasses soutenues par des murets de pierre. Il est orienté plein sud mais une fraîche brise de montagne qui souffle régulièrement la nuit permet de réguler les températures et de ralentir la maturation des raisins tout en préservant leur état sanitaire. Le grand cru Geisberg est le royaume du riesling par excellence.
Le grand cru Osterberg est orienté au sud-est comme le suggère son nom et domine la route qui mène à Bergheim. C’est le plus vaste des trois terroirs et aussi le moins pentu. Tous les cépages s’y épanouissent favorablement à condition de bien en choisir l’emplacement. D’ailleurs, certaines parcelles sont en complantation depuis 9 siècles !

Une belle brochette de grands vignerons…

Sur les hauteurs du Kirchberg à Ribeauvillé

Sur les hauteurs du Kirchberg à Ribeauvillé

Ce matin, 9 domaines proposent de magnifiques vins à la dégustation : AGAPE, BOTT Frères, CAVE Coopérative de Ribeauvillé, Henry FUCHS, André KIENTZLER, MITTNACHT Frères, Jean SIPP, Louis SIPP et TRIMBACH.
Pour en tirer la substantifique moelle et rencontrer leurs vins, le petit train nous emporte vers les hauteurs du Kirchberg. Toujours sous la pluie. Mais les vignerons sont des gens prévoyants qui en ont vu d’autres. Pas une goutte d’eau n’atterrira dans les précieux nectars. Un barnum nous attend en haut de la colline, face au village.

Séance de dégustation in situ dans les vignes

Séance de dégustation in situ dans les vignes

Tables et bancs permettent au groupe de s’installer pour une dégustation commentée de 10 grands vins, des millésimes 2014 à 2002, chacun présenté par le vigneron qui l’a créé…

Je laisse aux professionnels de la dégustation qui ont participé à la journée le soin de commenter les beaux flacons présentés et vous invite à lire les commentaires de dégustation de Marc Vanhellemont, journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France (In Vino Veritas, Oenosphère, Terre de Vins).

Une belle séance de dégustation des grands crus de Ribeauvillé

Ce matin, 9 domaines proposent de magnifiques vins à la dégustation : AGAPE, BOTT Frères, CAVE Coopérative de Ribeauvillé, Henry FUCHS, André KIENTZLER, MITTNACHT Frères, Jean SIPP, Louis SIPP et TRIMBACH.

Cliquez sur les images ci-dessous pour les agrandir…

Informations pratiques et contacts

Voici les coordonnées des 9 domaines qui ont proposé leurs magnifiques vins à la dégustation. Ils se feront une joie de vous accueillir toute l’année et de vous vendre leurs vins directement à la propriété.

Domaine AGAPé
10, Rue des Tuileries, 68340 Riquewihr – +33 3 89 47 94 23

Domaine BOTT Frères
13 av du Gal de Gaulle, 68150 Ribeauvillé – +33 3 89 73 22 50

CAVE Coopérative de Ribeauvillé
2 route de Colmar, 68150 Ribeauvillé – +33 3 89 73 61 80

Domaine Henry FUCHS
8 Rue du 3 Décembre, 68150 Ribeauvillé – +33 3 89 73 61 70

Domaine André KIENTZLER
50 Route de Bergheim, 68150 Ribeauvillé – +33 3 89 73 67 10

Domaine MITTNACHT Frères
27 Route de Ribeauvillé, 68150 Hunawihr – +33 3 89 73 62 01

Domaine Jean SIPP
60 Rue de la Fraternité, 68150 Ribeauvillé – +33 3 89 73 60 02

Domaine Louis SIPP
5 Grand’Rue, 68150 Ribeauvillé – +33 3 89 73 60 01

Domaine TRIMBACH
15 Route de Bergheim, 68150 Ribeauvillé – +33 3 89 73 60 30

Votre hébergement au cœeur du vignoble

Ribeauvillé est à 4 kilomètres seulement de nos appartements de vacances de Riquewihr aménagés dans les bâtiments historiques d’un ancien domaine viticole de 1580, face au vignoble grand cru du Schoenenbourg.
Les Remparts de Riquewihr
9 rue des Cordiers, 68340 Riquewihr – www.remparts-de-riquewihr.com

Le Petit Loup, appartement luxe pour 2 pers dans les remparts de Riquewihr.

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Promenade printanière autour de Riquewihr (2)

Le réveil a sonné très tôt… Le soleil se lève maintenant de plus en plus tôt et, pour capter la lumière si particulière du lever du jour, la grasse matinée n’est pas le meilleur plan. L’aube a chassé la nuit lorsque je descends de La Vancelle, direction Riquewihr par la route du vin. Je devine le soleil encore caché derrière la ligne bleue… de la Forêt Noire, à l’Est, au-delà de la plaine du Rhin. Le ciel est limpide. Seule une légère brume caresse la plaine… Comme promis, voici donc un complément matinal aux images faites l’autre jour en fin d’après-midi.

Au petit matin, autour de Riquewihr…

Soleil levant sur Riquewihr

Soleil levant sur Riquewihr au printemps vu du haut du vignoble du Schoenenbourg: les premiers rayons illuminent les clochers, les pignons les plus élevés et la tour du Dolder tandis que notre maison dans le rempart dort encore dans l’ombre…

Mon circuit sera presque identique à celui de la veille et pourtant, la perception que j’ai des paysages est tout à fait différente. La lumière du soleil venant d’un horizon diamétralement opposé, on ne « remarque » pas les mêmes choses. L’œil s’arrête sur d’autres détails.
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Ma promenade commence donc une fois encore sur le coteau du Schoenenbourg, le vignoble le plus réputé de Riquewihr. Le village est toujours là, blotti dans ses remparts. Les premiers rayons illuminent les clochers, les pignons les plus élevés et la tour du Dolder tandis que notre maison dans le rempart dort encore dans l’ombre…

Dans les vignes de l’Oberberg…

De l’autre côté de Riquewihr, au sud, la vigne s’élève très haut jusqu’à rejoindre la forêt. Je me dirige vers l’Oberberg, qui signifie la « montagne du haut ». Une cabane dans les vignes, une source captée qui jaillit par plusieurs becs de fer… Les jeunes pousses de la vigne se dorent dans le soleil matinal. Au loin, le château du Haut-Koenigsbourg continue imperturbablement son tour de garde.

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La plaine d’Alsace est illuminée, une montgolfière glisse silencieusement dans le ciel… De nouveaux paysages apparaissent…

Du point le plus élevé, en lisière de forêt, seul les clochers de Riquewihr émergent du vallon. Le soleil levant souligne les rangs de vignes et donne au paysage un côté graphique qu’on ne remarque pas au milieu de la journée. Les aiguilles de l’horloge du clocher ont bougé. Les vignerons sont à pied d’œuvre dans les vignes. Le jour est bien levé. Je retourne chez moi…

Riquewihr blotti dans son vallon au pied des Vosges.

Riquewihr blotti dans son vallon au pied des Vosges. Les vignerons sont déjà à l’œuvre dans la vigne. Une nouvelle journée a débuté.

J’invite nos amis visiteurs qui séjournent dans l’un de nos appartements des Remparts de Riquewihr à prendre un pique-nique et à faire quelques balades autour du village. Dans le silence de la nature, il y a de belles découvertes à faire…

Promenade printanière autour de Riquewihr (1)

Le printemps en Alsace n’est pas une saison de tout repos pour le photographe… La végétation explose : c’est un festival de fleurs et de feuilles un peu partout ! Les pointes d’asperges montrent le bout de leur nez. Les activités repartent aussi : fête des fleurs, marchés aux puces et aux produits du terroir… Les terrasses sont prises d’assaut dès que le moindre rayon de soleil darde. Bref, on ne sait plus où donner de la tête. Et moi, je cours à droite et à gauche faire des images. Des photos pour vous apporter la preuve que le printemps, c’est vraiment une saison à laquelle il faut être en Alsace !

A travers les vignes, autour de Riquewihr…

Riquewihr au printemps vu du haut du vignoble du Schoenenbourg

Riquewihr au printemps vu du haut du vignoble du Schoenenbourg.

Ça y est ! Les randonneurs sont de retour ! Avaient-ils jamais disparus d’ailleurs ? L’Alsace est une terre de balades quelle que soit la saison. Mais au printemps, le temps se prête bien à la randonnée : les températures sont agréables sans être trop chaudes. C’est parfait pour se promener. Avant de s’attaquer à la montagne, le vignoble permet de belles mises en jambes. Riquewihr, perle du vignoble d’Alsace, niché au fond d’un vallon adossé à la montagne et à la forêt, offre de belles promenades circulaires. Le matin tôt et la fin de l’après-midi permettent les plus belles découvertes.
Voici quelques instants cueillis en fin d’après-midi et qui, je l’espère, vous donneront envie de sortir…
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Ma promenade commence sur le coteau du Schoenenbourg, le vignoble le plus réputé de Riquewihr. Le panorama y est spectaculaire en toute saison et par tous les temps. Le village est là, blotti dans ses remparts. L’église protestante au premier plan égrène les heures. Plus loin, vers le sud, on remarque un petit col par lequel s’échappent d’autres vignes en direction de Kientzheim. J’aime bien aller par là-bas. Grimper dans les vignes du Froehn et de l’Oberberg, en lisière de forêt.

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A la sortie de Riquewihr, sur la route de Kientzheim par les vignes on a un joli point de vue vers le nord. Au-delà du coteau du Schoenenbourg on aperçoit de château du Haut-Koenigsbourg. Du point le plus élevé, en lisière de forêt, seul les clochers de Riquewihr émergent du vallon. Le soir s’installe doucement et les ombres s’allongent.

Il faudra vraiment que je revienne au lever du soleil, lorsque le soleil naissant venant du Rhin et de la Forêt Noire caresse doucement les vignes…

Riquewihr blotti dans son vallon au pied des Vosges.

Riquewihr blotti dans son vallon au pied des Vosges.

J’invite nos amis visiteurs qui séjournent dans l’un de nos appartements des Remparts de Riquewihr à prendre un pique-nique et à faire la balade. Une bonne journée en perspective…